Surpoids et Obésité chez le chat : Quels sont les risques ?


Santé / mercredi, octobre 10th, 2018

Nous entendons communément parler de surpoids et d’obésité chez l’Homme comme étant le véritable fléau de ce 21ème siècle. En France, 1 adulte sur 2 et 1 enfant sur 6 est en surpoids. Le gouvernement français a donc pris la question très au sérieux et a lancé son Programme National Nutrition Santé, visant à promouvoir une alimentation saine et équilibrée ainsi qu’une activité sportive régulière. La prévention par la Nutrition, c’est ce que les autorités de santé préconisent. Mais qu’en est-il de nos animaux ? Découvrons ensemble, dans croquettes contre courgettes, ce qu’il se passe du côté de la population féline domestiquée…

En France, nous comptons une population de 13,5 Millions de chats, parmi eux, plus de 35% souffrent de surpoids ou d’obésité et ce chiffre atteint les 41% pour les chats âgés entre 5 et 11 ans, des chiffres alarmants qui ne cessent d’augmenter! A cela, s’ajoute un second constat tout aussi préoccupant, le diagnostic clinique d’obésité n’est effectué que dans seulement 2,2% des cas, en consultation. Pourtant, nous allons voir dans ce qui suit, qu’une surcharge pondérale peut être très dangereuse pour la santé de nos compagnons allant jusqu’à en diminuer son espérance de vie…

L’obésité est un syndrome caractérisé par une augmentation excessive de la masse grasse corporelle. Les chats sont considérés en surpoids, lorsque leur poids corporel dépasse de 10 %  leur “poids corporel idéal” et sont qualifiés “d’obèses”, lorsqu’ils le dépassent de 20 %. En tant que propriétaire, nous pouvons estimer l’état d’embonpoint de notre animal en palpant, main à plat, ses côtes si, sans trop de pression exercée de notre part, nous arrivons à les distinguer, voir même à les compter, cela signifie que notre animal possède un poids corporel dit de forme. En revanche, si elles ne sont pas perceptibles cela témoigne d’une surcharge pondérale! Cette approche n’est utilisée qu’à titre indicatif, la méthode la plus fiable pour évaluer le poids de son chat reste la pesée régulière. N’hésitez pas à en parler à votre vétérinaire afin que vous puissiez établir une courbe de suivi du poids de votre animal.

Mon chat est gros, quels sont les risques pour sa santé ?

De nos jours, plusieurs pathologies sont associées au surpoids et à l’obésité des chats. Détaillons ensemble les maladies pouvant être observées sur un chat souffrant d’embonpoint  :

Le diabète sucré: Le diabète est la pathologie la plus fréquemment retrouvée chez les chats souffrant de surpoids. La forme la plus répandue de diabète retrouvée chez le chat est similaire à celle du diabète de type 2 chez l’homme. C’est une maladie caractérisée par une hyperglycémie chronique, c’est-à-dire par un taux trop élevé de glucose(sucre) dans le sang. Cette maladie touche les chats adultes, avec une augmentation de la prévalence chez les mâles castrés en surpoids ainsi que les sujets âgés. Chez le sujet non diabétique, le contrôle de la glycémie se fait par l’insuline, une hormone sécrétée par le pancréas. L’insuline permet l’entrée du sucre dans les cellules pour qu’il soit utilisé comme carburant, particulièrement par les muscles et le foie. Chez le chat diabétique, l’organisme devient incapable de réguler sa glycémie. C’est alors que la glycémie s’élève (on parle d’hyperglycémie). À long terme, si la glycémie n’est pas régulée, cela peut causer de graves problèmes de santé pouvant aller jusqu’à induire un coma puis la mort de l’animal : c’est l’acido-cétose.

Il existe d’autres maladies ,moins connues du grand public, communément retrouvées chez les chats en surpoids :

Des maladies orthopédiques: Les chats obèses auraient cinq fois plus de risques de présenter une boiterie. En outre, les douleurs articulaires générées par le surpoids et l’arthrose pourraient expliquer pourquoi les chats obèses ont tendance à moins se toiletter et à développer des dermatoses.

Les Dermatoses: Certaines études suggèrent un lien direct entre obésité et dermatoses. Parmi, les dermatoses les plus retrouvées nous avons l’acné du chat ( généralement située sous le menton, ce sont de minuscules points noirs avec parfois la présence de bosses rouges disgracieuses et boursoufflée), mais aussi des formes variées de dermatites, un squamosis et des dermatophytoses ,dus essentiellement à une capacité réduite d’auto-toilettage. Enfin, dans les cas les plus graves l’obésité peut entraîner une sédentarité totale et ainsi favoriser le développement d’escarres.

Des affections buccales: L’obésité représenterait un facteur de risque pour les affections buccales, de type gingivites (inflammation de la gencive) avec risque de déchaussement des dents.

Les troubles digestifs: Les affections gastrointestinales accompagnant l’obésité sont nombreuses et de nature variées: flatulences, pathologie des sacs anaux, maladie inflammatoire chronique de l’intestin, colite, mégacôlon, alternance d’épisodes de diarrhée et de constipation…

La lipidose hépatique:  C’est une maladie commune chez le chat et peut être rencontrée chez toutes les races à tous âges. Il s’agit d’une maladie grave qui se solde souvent par le décès de l’animal. Elle est caractérisée par une surcharge du foie par les lipides (foie gras). Ce sont le plus souvent (mais pas toujours) les chats souffrant d’embonpoint ou d’obésité qui sont affectés. Les signes cliniques sont : l’Anorexie complète ou partielle suivie d’une perte de poids; un Ictère (coloration jaune : des gencives, du blanc des yeux et de la peau); une perte d’entrain et une faiblesse observée avec parfois des vomissements ou des nausées…

Les maladies cardio-respiratoires: l’obésité modifierait le rythme cardiaque, favoriserait l’augmentation du volume du ventricule gauche et augmenterait ainsi la pression sanguine et le volume plasmatique, ce qui expliquerait l’hypertension artérielle observée chez les chats en surpoids ou obèses.

Les Cancers: Chez le chat, tout comme chez l’humain, cette association est de plus en plus démontrée et les types tumoraux concernés seraient : les adénocarcinomes, le carcinome basocellulaire(ou cancer de la peau), le fibrosarcome, les lipomes, le lymphome, les tumeurs mammaires, le mastocytome …

Des problèmes urinaires: notamment cystites aiguës, urolithiases, obstruction urinaire et infection du tractus urinaire sont également observés.

En raison des maladies citées, que l’excès de poids, peut induire chez le chat d’âge moyen et, face à une incapacité de la part des propriétaires à évaluer correctement la condition corporelle de leur chat, en la sous-estimant…Certains échappent à tout suivi médical, et pris en charge tardivement, leurs chances de guérison s’amoindrissent.

Pour une meilleure prévention de ces maladies, il est important de pouvoir connaitre et identifier les facteurs de risques liés à l’obésité et ainsi initier une prise en charge précoce.

De nombreux facteurs peuvent favoriser la prise de poids. Qu’ils soient physiologiques ou liés à l’environnement, les origines du surpoids sont de plus en plus connues… Faisons un tour d’horizon des facteurs mis en cause :

Le statut sexuel: La stérilisation est la cause majeure d’obésité chez le chat et de nombreuses études confirment cette association. En bouleversant le métabolisme, la stérilisation d’un chat le prédispose au risque d’obésité. Le sexe est également un facteur prédisposant, avec parfois une sur-représentation des mâles par rapport aux femelles.

L’âge: L’âge adulte est un facteur de risque chez le chat. La prévalence, la plus élevée, d’une prise de poids se situerait entre l’âge de 5 et 11 ans. Il est donc important d’instaurer une prise en charge précoce et ce, dès l’âge de 2 ans. Ce qui diminuerait significativement les risques de développer certaines pathologies lourdes (citées plus haut) et leur permettrait d’avoir une meilleure qualité de vie.

La race: Les chats de race pure comme le Maine Coon ou le Persan auraient environ 2 fois moins de chance d’être obèses par rapport aux chats croisés ou de race européenne.

A ces facteurs intrinsèques viennent s’ajouter des facteurs environnementaux pouvant influencer le risque d’obésité chez un chat et sur lesquelles, nous propriétaires, pouvons facilement agir :

Le mode de vie: Les chats n’ayant pas d’accès à l’extérieur, qu’il s’agisse d’un appartement ou d’une maison, sont plus concernés par une prise de poids.

L’activité: L’impossibilité de faire de l’exercice et par conséquent l’inactivité du chat sont des facteurs de risque majeurs d’obésité féline.

L’alimentation: Les propriétaires des chats jouent un rôle clef dans le respect d’une alimentation équilibrée. Des études ont prouvé que les propriétaires de chats souffrant d’obésité leurs offrent, en plus d’une alimentation industrielle non adaptée et trop riche, régulièrement des extras : reste de la table, friandises etc…

De nos jours, diagnostiquer une surcharge pondérale et prescrire une alimentation équilibrée est relativement simple, le plus difficile est de convaincre les propriétaires qu’il est nécessaire de modifier à la fois l’alimentation et le mode de vie de l’animal afin d’induire et de maintenir une perte de poids significative.

Dans mon prochain article, nous verrons comment aider son animal à regagner un poids qui ne constituera plus une menace pour sa santé… A très vite ! @Linette et Lou

 

 

 

3 réponses à « Surpoids et Obésité chez le chat : Quels sont les risques ? »

  1. Merci infiniment pour cet article très détaillé et surtout compréhensible par la majorité des « parents chats » lambdas.

    Gomette, diagnostiquée diabétique, est une ancienne obèse et encore en surpoids. Elle a le profil type, regroupant toutes les causes et de cette obésité et ce qui en découle: le diabète.

    Chatte qui a beaucoup trop mangé, qui ne sort pas (il y a un jardin quand même), qui ne se bouge pas. Merci encore, j’apprends pleins de nouvelles choses.

    1. Coucou Martine c’est toujours un plaisir de te lire et tes commentaires me touchent beaucoup ! Chez les chats diabétiques les chances de rémission sont bonnes surtout si l’on se trouve à un stade précoce de la maladie, si le traitement est bien suivi et que les mesures diététiques sont respectées (une alimentation pauvre en carbohydrates) , Gomette pourrait stabiliser sa glycémie et à terme diminuer les doses d’insuline. Encore une fois si tu as des questions n’hésite surtout pas ! voici mon mail : contact@croquettescontrecourgettes.com à très vite Martine 🙂

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